
20 nov. 2025
Un tableau clé de l’histoire des féminismes aurait pu rester invisible
En 2023, l’association pour un Musée des féminismes a acquis un tableau unique en son genre, le seul qui représente une scène féministe sous la Troisième République.
Signée par un peintre académique, Léon Fauret, l’œuvre représente un meeting suffragiste à Paris en 1910. Commandée par le journal illustré Femina, l’œuvre y fut reproduite le 1er avril 1910 et la Ligue française pour le droit des femmes la diffusa sous forme de carte postale. C’est ainsi que le tableau, dont la trace avait été perdue, put être retrouvé, malgré un titre impropre - « Scène d’intérieur dans un café parisien » -, sur le site de Drouot, puis chez un marchand parisien. C’est un bel exemple d’effacement de la mémoire féministe !
La composition de cette œuvre est particulièrement intéressante. Original, son point de vue montre l’arrière de la tribune d’où l’on découvre la salle des Sociétés savantes (rue Danton, 6e arr.) bondée, avec une présence masculine assez importante.
L’avocate Maria Vérone (1874-1938) prend la parole, sous la présidence de la grande spécialiste du travail féminin, Marie Bonnevial (1841-1918). Elle défend notamment le remplacement du mot « hommes » par « êtres humains » dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.
Jeudi 20 novembre 2025, plus de 100 personnes ont découvert le tableau « Mme Maria Vérone à la tribune », première acquisition du futur Musée des féminismes et ont pu assister à une conférence de Christine Bard sur l’histoire de ce tableau au Musée des Beaux-Arts d’Angers.
